LA UNE POLITIQUE

Présidentielle 2020 : Une campagne bien timide

Le samedi 22 février 2020, les togolais sont appelés aux urnes pour élire l’homme qui présidera la destinée du pays pour les cinq (5) prochaines années.  A 10 jours du scrutin, la population ne s’est pas accaparée ce rendez-vous électoral. Des 7 sept candidats engagés, seuls trois se font remarquer.

La campagne électorale pour le premier tour de l’élection présidentielle, est officiellement ouverte depuis jeudi 06 février. Depuis, les sept candidats en lice vont à la rencontre des populations des villes, des fermes et des hameaux les plus reculés pour vendre leur programme de société.

Démarrée timidement, la campagne pour l’élection présidentielle tarde toujours à mobiliser du monde comme ce fut le cas par le passé. Les rues et les quartiers de Lomé n’ont été ébranlés. Seulement quelques caravanes et meetings sont à noter. Dans les artères de la capitale, les affiches de propagande des candidats de l’opposition se font rares. En revanche, des affiches à l’effigie du candidat Faure, sont collées un peu partout dans la ville.

La fièvre électorale tarde à s’emparer des populations. Cependant, au niveau des états-majors et du domicile des candidats, une animation sur fond des va et viens des militants et sympathisants, des cadres du parti et des membres du staff des candidats, s’observe.

Une campagne à trois têtes d’affiche…

Des sept prétendants au fauteuil présidentiel, seulement trois sont visibles sur le terrain à travers des caravanes et meetings. Il s’agit du candidat de l’Union pour la République (Unir) Faure Gnassingbé, du candidat de l’Alliance pour le Changement (ANC) Jean-Pierre Fabre et le candidat de la dynamique Mgr Kpodzro Agbéyomé Kodjo.

Le candidat du parti au pouvoir a démarré sa campagne dans le nord du pays. De Niamtougou à Bafilo en passant par Anié, Faure Gnassingbé, tente de faire valoir son bilan. Pour ce faire, tout l’appareil d’Etat est mobilisé. En outre, les ministres et autres cadres du parti bleu sont également dans leurs localités respectives pour expliquer aux populations le bien fondé d’un quatrième mandat pour leur champion.

C’est aussi dans la partie septentrionale du pays que Jean-Pierre Fabre a commencé sa campagne. Le candidat de l’ANC est déjà passé par Cinkassé, Dapaong, Kara, Sokodé et Bassar. Depuis hier, il a entamé sa descente vers le sud du pays. Simultanément, six autres délégations du parti « orange » pénètrent les localités les plus reculés pour apporter le message de leur candidat aux populations.

Contrairement aux deux premiers candidats susmentionnés, Agbéyomé Kodjo a décidé d’entamer son opération de charme par l’extrême sud du pays. Ainsi, depuis le démarrage de la campagne, l’ancien Premier ministre s’est notamment rendu à Agbodrafo, Aného, Aklakou, Akoumapé, Togoville, Anfoin,. Vogan et Tabligbo. Accompagné d’une forte délégation composée de divers présidents de partis politiques de l’opposition et du prélat, Mgr Fanoko Kpodzro, fait montre d’une capacité de mobilisation sans précédente.

A part ces trois candidats, les autres successeurs annoncés de Faure Gnassingbé sont quasi invisibles sur le terrain. Confirmant ainsi, l’analyse de certains observateurs qui disaient qu’ils sont plutôt là pour contribuer à la division de l’opposition. Et ainsi, permettre au fils du feu Gal Gnassingbé Eyadéma de garder son trône.

Une campagne fortement tournée vers les réseaux sociaux….

Facebook, Twitter, Instagram et Whatsapp… tout le monde connaît aujourd’hui ces réseaux sociaux dont les mots d’ordre sont proximité et instantanéité. Les trois têtes d’affiches de cette élection présidentielle ont semble-t-il compris l’importance de ces plateformes de partage sur lesquelles ils diffusent discours, programmes politiques et invitent les militants à se mobiliser. Les professionnels de la communication politique, recrutés à cet effet, se sont approprié ces outils et aujourd’hui, les équipes de campagne rivalisent et se lancent des piques sur ces différents réseaux sociaux. Parfois, certains vont jusqu’à discréditer des candidats de l’autre bord sur ces canaux qui rassemblent de plus en plus de monde.

Là aussi, les quatre « candidats accompagnateurs » à savoir Prof Wolou, Dr Kuessan, Me Tchassona et Prof Gogué sont absents.

En somme, même si certains candidats tirent leur épingle du jeu par leur capacité de mobilisation, leur moyen financier ou encore leur soutien, cette campagne électorale est plutôt timide. Un constat amer qui témoigne de la démobilisation de la population. Reste à savoir si électeurs vont se mobiliser le jour du scrutin.

FRATERNITE