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Prochaines législatives et Feuille de route Cedeao : L’ultime engagement de Fabre !

Dans les colonnes de Jeune Afrique, la semaine dernière, Jean-Pierre Fabre a donné la parole de la Coalition des 14 formations politiques (C14). Celle de ne pas se présenter à aucun scrutin à venir sans les réformes. Cette sortie du Chef de file de l’opposition togolaise, dans un contexte politique similaire à celui ayant précédé les scrutins législatifs et présidentiels de 2013 et de 2015 amène nombre d’observateurs à faire le parallèle avec le passé. Une sorte de qui-vive pour prendre aux mots, le Président national du parti Alliance nationale pour le Changement (Anc).

La C14 reste optimiste

« S’agissant de la tenue des élections, je pense qu’elles n’auront pas lieu avant juin ou juillet 2019. La Ceni ne pourra pas les organiser avant », a laissé entendre, d’entrée, le Président du parti Alliance nationale pour le Changement (Anc) qui se prononçait sur l’éventualité ou non de la tenue des prochaines échéances électorales à la date indiquée par la Cedeao. Et pour cause, l’opposant dont le parti est membre de la coalition des 14 formations politiques (C14) ne trouve pas légitimes, les actions d’une Commission Électorale Nationale Indépendante (Ceni) bancale et qui rame à contre-courant des recommandations de la feuille de route de la Cedeao.

Un entêtement qui, pense le Chef de file de l’opposition, risque d’être préjudiciable au pouvoir cinquantenaire de Lomé, visiblement plus que jamais décidé à défier l’espace communautaire sous-régional en poursuivant en solo, le processus électoral. « La CEDEAO a des normes et je doute que la Ceni puisse réussir… la Cedeao qui veut régler la crise togolaise à travers les législatives et elle a donc le devoir de tout mettre en œuvre pour que les conditions de leur bon déroulement soient réunies », poursuit M. Fabre qui responsabilise l’institution sous régionale vers laquelle, tous les togolais tournent leurs regards.

La menace plane

En attendant un geste fort des deux facilitateurs sur le sujet, l’opposition regroupée au sein de la C14 n’entend point s’associer à ce qui apparaît comme les prémices d’une mascarade électorale. Tout en appelant les togolais de se mettre à l’écart du recensement électoral tenu du 1er au 25 octobre dernier, avec ses lots d’ignominies comme enroulement des mineurs, des fous et autres. Brigitte Kafui Adjamagbo et ses camarades de lutte restent fermes dans une logique qui ne saurait s’apparenter à une compromission.  « Nous ne sommes pas des idiots. Nous n’y participerons pas avec le mode de scrutin actuel [un seul tour] et avec ce découpage des circonscriptions…Tout ce que nous contestons et qui est à l’origine de la crise doit être réglé. Sinon il n’y aura pas d’élections », a martelé le chef de file de l’opposition togolaise. Et de préciser : «Nous ne courons pas après les sièges, mais nous travaillons à l’ancrage de la démocratie et de l’État de droit dans le pays ».

Pas de réformes, pas d’élections!

En termes clairs, « Pas de réformes, pas d’élections», promet à nouveau aux Togolais, l’opposition. Une prise de position ferme et logique qui, de toute analyse faite, est conforme à la lutte que mène ce regroupement de partis politiques depuis le 19 août 2017 et dont les conséquences ne sont pas moins négligeables pour les familles togolaises. Toutefois, l’avenir se construit par la claire vision du passé, dit-on. Si cette profession de foi réconforte plus d’un des Togolais qui ont une profonde aspiration aux réformes politiques qu’ils appellent de tous leurs vœux, il n’en demeure pas moins vrai que beaucoup restent encore dubitatifs sur la sincérité de ces propos.

Attention au volte-face !

En effet, l’on a encore souvenance du ce fameux slogan «Pas de réformes, pas d’élections» fièrement scandé par l’opposition regroupée, à l’époque au sein du Collectif Sauvons le Togo (Cst) pendant la période de contestation de 2012 à 2013. Mais la surprise avait été grande de constater tristement que sans les réformes exigées, les législatives de 2013 se sont bel et bien tenu, et avec la participation effective de l’opposition togolaise. L’on a cru à un incident de parcours qui devrait être corrigé avant la présidentielle de 2015. Mais deux années se sont écoulées sans que les réformes Constitutionnelle et institutionnelles n’aient jamais été opérées.

Ceci, par la faute au volte-face resté au travers de la gorge des togolais et le dualisme langagier d’une opposition tenue du bout des bras par Jean-Pierre Fabre et l’Anc.

Aujourd’hui où le contexte politique n’est rien différent de celui qui a précédé les scrutins de 2013 et 2015, l’on se pose la question de savoir si le Chef de file de l’opposition togolaise restera, cette fois-ci cohérent dans son engagement. Le togolais ayant déjà consenti le sacrifice maximal pour se libérer d’une gouvernance clanique, il revient donc aux responsables de la C14 de rester fidèles aux principes qu’ils défendent depuis 14 mois déjà en faveur de l’alternance politique au sommet de l’Etat. Bref, Fabre et ses camarades sont au tribunal de leur conscience et leur engagement est pris comme l’ultime.

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