LA UNE SOCIETE

Profonde crise à l’UNATROT Aklisso Marcelin Amah accusé de dilapidation de près de 10 milliards Des miliciens introduits dans le jeu Des ministres nargués

12 avril 2021, une délégation des contestataires de la gestion du président El hadj Sherif Aklesso Marcellin Amah était en pleine discussion avec 4 membres du bureau au siège de l’association au Port autonome de Lomé quand subitement des miliciens armés d’armes blanches s’introduisent dans les bureaux à coup de casses et violences sur hommes et matériels. L’intervention conjointe des éléments de la police et de la gendarmerie a permis d’arrêter les dégâts et aboutir, selon des sources, à identifier les noms des présumés commanditaires. Au finish il se révèlera que la scène de ce samedi d’avril a été juste orchestrée pour détourner de l’essentiel et accuser les contestataires du bureau national. Décente dans les problèmes de l’Unatrot. Première phase.

L’alchimie en scène

Selon les dénonciateurs de la gestion du président Amah ; il était impossible durant des mois de s’asseoir avec lui  pour discuter de l’opacité de sa gestion. Face au mur et à la condescendance de celui qui est également le président de l’Association sportive des chauffeurs de Kara (Asck),  les frondeurs ont saisi le ministre des transports et celui de la sécurité par courrier du 07 Avril 2021 où ils énumèrent entre autres indignations : le manque de concertation et de sensibilisation avant les prises de décisions, l’absence notoire de réunion depuis neuf ans que l’équipe d’Amah est en poste, la mauvaise gestion des recettes des tickets de voyage et des droits de chargement ; l’inégalité des traitements des transporteurs dans l’ordre des inscriptions sur le tableau des tours, etc. (voir fac simili 1).

Des allégations que le Président de l’Unatrot trouve infondées et mal intentionnées en ce sens que son bureau a eu à tenir deux assemblées générales respectivement en 2014 à Atakpamé et 2017 à Lomé où des comptes ont été rendus aux membres. En 2020, du fait de la Covid-19, le compte rendu de gestion ne s’est limité qu’aux délégués régionaux au nom du respect des mesures barrières. Une rencontre qui s’était alors tenue à Kpalimé, nous a-t-il confié. Amah Aklesso dit donc s’étonner qu’on parle d’absence de compte rendu de gestion. Seulement voilà, rien n’a été dit ce qui a été fait en termes de compte des autres années exceptés ceux que le président a cité. C’est donc sur diligences des ministres Atcha et Yark que les pourparlers du 12 avril 2021 ont été organisés avec les suites qu’on connait.

Il est à souligner que dans la saisine des ministres, les frondeurs ont proposé entre autres solutions l’intégration de leur représentant à des niveaux  de gestion afin de limiter les opacités et arbitraires dénoncées. Une proposition que le président n’a pu rejeter qualifiant d’ailleurs ces réclamations de « pertinentes et légitimes ». Ainsi par courrier du 06 Mai 2021, El Hadj Sherif Aklisso Amah a demandé à ses contestataires de lui designer 5 de leurs représentants pour occuper des postes allant de la gestion du fret au tableau de tour en passant par le billet vert, le contrôle et la supervision de la zone portuaire ainsi que les marchandises en TC et avances aux transporteurs tels que listé dans le courrier en fac simili 2. Dès le lendemain 7 Mai, les frondeurs ont transmis leur liste que nous mettons ici en fac simili 3. Une liste que le sieur Amah dit n’avoir jamais reçue. Faux !, rétorque ses adversaires qui disent n’attendre depuis là que l’intégration de leur représentant pour croire en la bonne foi de celui qui se trouve etre également un grand baron de Unir le parti au pouvoir. « En lieu et place, il fait plutôt du dilatoire contrairement à ce qu’il a promis aux ministres. Pour preuve il a entre-temps brandit un autre groupe qu’il présente comme étant également d’autres contestataires et avec qui nous devront partager nos acquis. Un groupe sorti de nulle part, que personne ne connaissait jusque-là  et donc créé par lui-même», confie un des indignés. Amah Marcellin nous parlera effectivement et chaleureusement de ce fameux groupe au nom de qui il compte augmenter les cinq postes promis aux primo contestataires à six afin de les partager équitablement aux deux groupes à raison de 3 chacun. Et tout ceci « avec l’onction du ministre Atcha » soulignera-t-il.  Contacté le ministre Vice-président de Unir n’a pu donner suite à notre demande jusqu’à ce que nous bouclons cet article. Sans commentaire.

Mardi dernier, s’est tenu au siège de l’association la réunion au moyen de laquelle le président Amah devrait mettre en exécution ce qu’il a promis au ministre Atcha-Dedji pour calmer la crise. Mais il en a été rien. Le rendez-vous n’a été qu’une séance de dilatoire de plus. Amah Marcellin ayant renvoyé ses interlocuteurs à 72 nouvelles heures de patience. Que cela leur plaise ou non.

La vache !

10 milliards c’est l’estimation minimum de la récolte mobilisée par El hadj Aklisso Amah et son équipe depuis 9 ans qu’ils président aux destinées de l’Unatrot. Un montant que le mis en cause dit trouver «marrant» en ce sens que pour lui, « il n’y a rien à tirer de cette structure ». Au contraire l’homme élu depuis 2012, dit avoir hérité de l’équipe sortante, une dette de 30 millions qu’il a eu à éponger. Mais alors avec quelle recette, si l’Unatrot est une vache si maigre, comme le dit le sieur Amah. Soit !    

Est-il que sur le terrain, l’association qui fait actuellement office d’interface national entre tous les transporteurs routiers du Togo et l’Etat ainsi que les instances sous régionales en la matière perçoit sur chaque camion transporteur 5000 f à chaque chargement et en autant de chargement dans la journée. Au port, cette perception est majorée de 100 000 sur chaque véhicule national ou étranger prêt pour le fret. Des frais que l’Unatrot dit percevoir aux fins d’apporter soutiens aux membres dans diverses situations comme le prévoit si bien le résumé des statuts disponible sur la page de l’association sur le net. « Mais aucune assistance n’est apportée à aucun membre et les cas sont légions », tancent les adversaires de l’actuel bureau national. Nous y reviendrons.

Pis, jamais de compte n’a été fait aux membres depuis 9 ans que El hadj Amah est à la tête de l’Unatrot.  Déjà que sur un fret qui rapporte au maximum 1 600 000 francs au transporteur avec toute charges diverses incluses, certains se retrouvent à débourser jusqu’à 350 000 f sur des faits de blocage et de chantage orchestrées par de réseaux mafieux avec l’onction du bureau national. Le manège en amont consiste à ne jamais respecter les programmations faites sur le tableau des tours mais plutôt les marchander au plus offrant ou les attribuer directement à leurs proches pendant que  des centaines de camions dorment durant plusieurs mois sur les parcs. 

Il va de soi que de pile en pile, la vache Unatrot se révèle plus prolifique qu’on ne peut l’imaginer. Et le tout se déroule sur le boulevard des statuts et règlements intérieur des plus  bananiers qu’on n’a jamais connus dans le monde associatif.

Au-delà des factions en présence, la crise à l’Unatrot met aujourd’hui en faïence des clans de barons du pouvoir qui pour le moment n’agissent que par personnes interposées, le temps de sortir les longues griffes. Le  gâteau est trop bien faisandé.

Pause ! On revient!

FRATERNITE