DEVELOPPEMENT LA UNE

Promotion de la consommation locale : Entre la parole et les actes

Le mardi 06 octobre dernier, a été  lancée à Lomé, la première édition du «Mois du consommer local » par la Cheffe du gouvernement. Une initiative visant à inciter les Togolais à privilégier la consommation de produits locaux. Mais entre les slogans et les actes, il y a de quoi se poser des questions sur les réelles motivations des autorités à promouvoir le « Made in Togo ».

« Nous avons demandé à toute l’administration publique et à tous les acteurs du secteur privé de faire confiance aux produits ‘‘Made in Togo’’ », a indiqué la Première ministre, Mme Victoire Tomegah-Dogbé, lors de son allocution de lancement. « Consommer local ne doit pas se résumer en un simple slogan. Cela doit plutôt se décliner et se traduire en un changement de paradigme, en un patriotisme économique, en un comportement citoyen de chaque Togolais », a ajouté pour sa part Kodjo Sévon-Tépé Adédzé, ministre en charge du Commerce et de la Consommation locale.

Mais contrairement à ce que préconise le Ministre, les hautes autorités du pays, qui devraient adopter un comportement citoyen sont loin d’être des exemples. La preuve a été brandie lors du lancement même de cette initiative. En effet, pour la cérémonie d’ouverture plusieurs personnalités ont été invitées. Fait étonnant, alors même qu’on parle de la promotion des produits locaux, la majorité des personnalités se sont présentées dans leurs habituels accoutrements faits de costumes vestes et chaussures fabriquées pour l’essentiel hors des frontières togolaises.  De quoi donner un mauvais départ à cette initiative.

Au-delà de ces invités, il faut dire qu’au sommet de l’Etat, la promotion de la consommation est malheureusement toujours à l’étape d’un slogan. Si non, comment comprendre que de jeunes entrepreneurs dits soutenus par des programmes d’appui techniques et financiers, créent ou produisent, mais ne trouvent pas suffisamment de débouchés sur le plan national ?  Et pour cause, au moment de préparer leurs commandes, les services d’Etat préfèrent acheter des produits étrangers dont les origines et la qualité sont souvent difficiles à trouver. Pourtant, ces mêmes produits sont vendus chez nous.

Déjà l’année dernière, votre Journal avait interpellé le Chef de l’Etat sur la nécessité qu’il donne lui-même l’exemple.  « Promouvoir la consommation locale implique que le Chef de L’Etat donne de la valeur aux produits togolais en commençant par son accoutrement. Très friand de la chose exportée, Faure Gnassingbé doit pouvoir, par souci de conformité avec sa vision, tronquer tant soit peu la veste pour enfiler du boubou « batakali » ou encore le pagne des Nana Benz. Il doit en être de même également pour ses ministres et les députés de la République qui, à des occasions solennelles ou lors des grands rendez-vous, sont appelés à exhiber le génie de l’artisanat togolais. Emboîtant ainsi les pas aux pays voisins comme le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, des pays où les autorités s’illustrent merveilleusement bien sur ce terrain », avions nous écrit dans notre parution n°302 du 13 février 2019.

Mais depuis, Faure Gnassingbé reste toujours attaché à ses costumes. Et les ministres et autres hauts fonctionnaires sensés indiquer la marche à suivre ne font que « copier » maladroitement le Chef de l’Etat.

Il va de soi qu’il y ait un grand décalage entre les belles paroles et les actes en faveur de la consommation locale. Il urge donc que les mots et les initiatives soient suivis d’actes concrets. Il n’y a pas  une meilleure manière pour les autorités togolaises de sensibiliser la population à prioriser le « Made in Togo » que de donner l’exemple eux-mêmes.

Sans oublier que la promotion locale passe aussi un soutien aux entrepreneurs locaux pour des prix plus compétitifs à même de concurrencer les produits importés. Il s’agit également de mettre en avant les compétences togolaises à travers les différents services et institutions de l’Etat en commençant par la présidence de la République.

FRATERNITE