LA UNE POLITIQUE

Recomposition de la CENI: De fortes chances de report de la date du recensement

Dimanche, au terme de sa deuxième réunion de travail, tenue à Lomé, le Comité de suivi (CS) de la Cedeao a réussi à mettre d’accord les protagonistes de la crise togolaise, sur une CENI paritaire. Somme toute une victoire d’étape pour Brigitte Kafui Adjamagbo et ses camarades de lutte qui en ont, jusque-là  fait, un leitmotiv. Mais à l’opposé, ils font désormais face à une équation à plusieurs inconnus.

Remise des pendules à l’heure

Après lecture du communiqué final sanctionnant cette deuxième réunion du CS, toutes les parties protagonistes se sont accordés à saluer la qualité du travail abattu par l’équipe de facilitation. Longtemps sur les feux de rampe, les pendules de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) ont été remises à l’heure, après consensus, induisant une recomposition des sièges entre les deux parties protagonistes.

Désormais, huit (8) sièges reviennent à chaque partie prenante, aussi bien à la majorité présidentielle qu’à l’opposition parlementaire, pendant que le seul siège restant demeure attribué à l’administration. Ainsi donc redéfinie la nouvelle nomenclature d’une Ceni longtemps restée, dans sa composition, à la solde du pouvoir. «Nous avons enregistré une avancée importante», s’exclame Brigitte Kafui Adjamagbo, la Coordinatrice de la C14. Et Jean-Pierre Fabre, président national de l’Alliance nationale pour le Changement (Anc) et Chef de file de l’opposition de préciser : «Nous allons rejoindre la CENI pour la suite du travail ».

Fin de course des aventuriers

La résultante de cette recomposition actée par les parties protagonistes est la mise à la touche des partis aux positionnements instables, douteux et suspects comme l’Obuts de Gabriel Kodjo Agbeyome et  le Net de Gerry Taama. Ainsi prend fin la cantate qui se jouait, depuis onze (11) mois dans l’organe de gestion électorale , avec des acteurs aux identités usurpées.. Toutefois, en attendant l’occupation des huit sièges revenus à l’opposition parlementaire, des questions surgissent cependant dans l’opinion et nécessitent qu’on s’y attarde.

Des  inconnus sur la Présidence de la Ceni, le Statut de l’Ufc , la date du recensement,etc..

La première interrogation reste la suite à donner au poste du Président de la Commission, poste actuellement occupé par le Professeur Kodjona Kandanga qui, de par ses agissements et aux yeux des observateurs, n’inspire point confiance. En effet, on se souvient que la C14, au-delà de la recomposition paritaire, avait également exigé un acteur neutre au poste de la présidence de la CENI. Mais on se rend compte qu’à ce sujet, rien n’a été dit par le communiqué qui a sanctionné la réunion du Comité de Suivi du 23 Septembre dernier. Il se rapporte que quand la coalition a soulevé la question dimanche dernier, le pouvoir a carrément refusé d’en discuter.

Par ailleurs, l’énigme reste également entière en ce qui concerne le maintien ou non de la date du 1er octobre préalablement arrêtée pour le démarrage du recensement. A ce jour, le flou demeure, vu que le communiqué sanctionnant les travaux de dimanche dernier a été également muet sur le sujet. Cette réflexion se veut objective, en ce sens que, comme l’a souligné la C14, la recomposition de la Ceni entraine la recomposition des Commissions Électorales Locales Indépendantes (Celi) ainsi que des Comités de Listes et Cartes. Une nouvelle procédure qui, du fait de la recomposition de la Commission entière, nécessite logiquement une rallonge du temps en vue d’une inclusivité effective du processus. Et pendant qu’on y est,  il est à faire remarquer que de par le passé, le régime a toujours pris deux semaines par zone pour effectuer les opérations de révisions des listes électorales.

Il est évidemment curieux que pour une opération de plus grande portée qu’est le recensement électoral, on décide de le faire seulement en huit jours par zone. Et qu’à cela ne tienne, il se rapporte que le pouvoir serait fortement réfractaire au vote de la diaspora pour les prochaines législatives, mais seulement pour les présidentielles de 2020. L’autre question qui mérite d’être posée reste le sort réservée à l’Union des Forces de Changement (Ufc). Si ce parti demeure tacitement parti de l’opposition parlementaire, il reste tout de même allié au pouvoir en place, au travers de son accord signé en avril 2010 avec l’ex Rpt. Et l’intrigue dans le statut du parti Jaune vient de l’ «appel solennel» lancé en fin 2017 par son président national Gilchrist Olympio à l’endroit de Faure Gnassingbé de ne plus briguer un quatrième mandat en 2020. Voilà autant d’éléments qui amènent nombre d’observateurs à se demander si l’Ufc, dans la configuration actuelle, se veut un parti charnière susceptible de faire basculer les choses en cas de vote ?

Autant d’inconnus qui risquent de bloquer encore le débat pré électoral, et donc probablement la date du 20 Décembre 2018 annoncée pour la tenue des législatives.

FRATERNITE