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Rentrée scolaire : C’est maintenant que le plus dur commence !

Les élèves ont retrouvé les bancs des établissements scolaires le 02 novembre dernier. Une rentrée en pleine pandémie à coronavirus qui suscite des appréhensions. Et pour cause, le virus est prêt à profiter de la moindre faille dans le système de riposte mis en place par le gouvernement.  A cet effet, tous les acteurs du système éducatif sont sur le qui-vive.

Ils sont un peu plus de 2,6 millions apprenant du préscolaire, du primaire, du secondaire général et technique et de la formation professionnelle à effectuer cette rentrée scolaire 2020-2021. Depuis plusieurs mois déjà, les acteurs du système éducatif alertent sur la particularité de cette année académique. En effet, fermées en mars 2020 pour cause de la pandémie, les écoles ont dû attendre sept mois pour rouvrir leurs portes à l’ensemble des élèves. Sachant qu’une parenthèse a été ouverte en juin dernier pour permettre aux apprenants en classe d’examen de composer.

De ce fait, en cette période marquée par la crise sanitaire provoquée par le coronavirus, cette rentrée ne sera pas comme les autres. Pour ce faire, le gouvernement a pris plusieurs mesures afin de protéger aussi bien les élèves que les enseignants et le personnel administratif. Ces mesures vont de la fixation d’un effectif plafond pour les classes (maximum 60 élèves) à  l’organisation des cours en passant par des restrictions imposées aux élèves et enseignants. Sans oublier les mesures barrières.

Maintenir les mesures durant toute l’année scolaire, mission difficile

En imposant toutes ces mesures, l’exécutif national veut sans aucun doute éviter que les écoles ne deviennent des foyers de contamination. Par conséquent, une fermeture urgente des établissements scolaires. Habitués à une certaine proximité sociale, les élèves et enseignants doivent désormais composer avec la distanciation physique. A cet effet, l’exécutif national a assuré qu’un protocole sanitaire sera mis à la disposition de tous les établissements scolaires. Il traduit les prescriptions émises par les autorités sanitaires pour qu’elles soient applicables dans les établissements scolaires. Dans ce document, « des fiches détaillées précisent les procédures à suivre dans les cas de suspicion ou de confirmation de cas Covid-19 dans une école primaire, un collège ou un lycée », indique une source médicale.

« Un mécanisme de suivi régulier de la situation sanitaire dans les différents établissements scolaires et centres de formation est institué », a assuré le gouvernement. En effet, le plus dur pour l’ensemble des acteurs du système éducatif n’est pas de mettre les mesures en place mais de les faire respecter durant toute l’année scolaire. Surtout dans un contexte où le relâchement gagne de plus en plus les populations dans l’observation des mesures édictées par les autorités. La mission s’annonce périlleuse.  

Un petit relâchement dans un établissement scolaire pourrait s’avérer préjudiciable. Ainsi, les acteurs particulièrement les enseignants sont obligés de veiller au grain. Une difficulté supplémentaire pour ces derniers qui doivent non seulement accomplir leur devoir mais aussi de veiller aux respects des mesures édictées.

A cet effet, le ministre des enseignements Primaire et Secondaire, Prof Kokoroko Dodzi a appelé les autres acteurs de l’éducation notamment les parents d’élèves, les collectivités locales, les encadreurs, les chefs d’établissements scolaires et de centres de formation technique et professionnelle ainsi que les élèves et enseignants à la collaboration. Une collaboration qui doit être dynamique afin de maintenir la mobilisation constatée en ce début de rentrée pour les neuf (9) prochains mois.

D’autres problèmes à régler…

Tout comme les autres rentrées des années, cette année n’échappe pas aux menaces de grèves.Depuis plusieurs semaines, les syndicats d’enseignants portent des revendications diverses. Celles portées par la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN)tournent autour de 5 points essentiels à savoir : la répartition et le versement aux acteurs concernés de deux milliards de francs CFA de 2020 ; la définition claire d’un chronogramme d’indexation de deux milliards de francs 2019 et ceux de 2020 sur les salaires des enseignants ; la révision à la hausse et la mise à disposition des crédits de fonctionnement en totalité aux établissements préscolaire et primaires ; l’exécution diligente des mesures et engagements de l’Etat en faveur de l’enseignement confessionnel et enfin le recrutement effectif des enseignants.

Selon de sources concordantes, la Fesen aurait déposé dès le premier jour de la rentrée un préavis de grève de 72h à compter du 16 novembre prochain. Une pression supplémentaire pour le président de l’Université qui doit trouver des solutions au risque de voir la rentrée déjà en sursis avec le coronavirus virer au pire avec les grèves et toutes les conséquences.

Surtout que la Fesen n’est pas le seul regroupement d’enseignants à monter au créneau. En effet, l’Association nationale des enseignants volontaires exigent également l’intégration de leurs membres dans la fonction publique. Pour les calmer, une prévision de recrutement de 2000 enseignants est annoncée. Reste à savoir les conditions pour faire intégrer les enseignants volontaires.

De toute évidence, Prof Kokoroko Dodzi a du pain sur la planche et risque d’avoir du mal à avoir le sommeil pour les prochaines semaines voir les mois à venir. D’une part veiller à la sécurité de l’ensemble des acteurs et d’autre part, satisfaire les enseignants. Mais il ne sera seul. Puisque, la réussite de cette année scolaire repose sur l’engagement de tous les acteurs. Et le plus dur, la rentrée, ne vient que de commencer.

FRATERNITE