LA UNE SOCIETE

Secteur brassicole au Togo : Vive la guerre BB Lomé-SNB !

Depuis quelques mois, la Brasserie BB a un concurrent au Togo. Il s’agit de la SNB (Société nouvelle de Boissons). Début mai, ce nouveau brasseur a lancé son premier produit sur le marché. Depuis, les deux brasseurs se livrent une guerre concurrentielle sans précédent.

En mai dernier, les Togolais découvraient, Djama Pilsner,  une bière dite de tradition allemande introduite sur le marché par la SNB. Depuis, bon nombre de consommateurs ont adopté cette bière dont le goût au houblon n’est pas aussi prononcé  que ce qu’espéraient certains amateurs des boissons allemandes. Malgré tout, dans les buvettes et débits de boissons, le Djama Pilsner coule à flot.

A la réussite commerciale, la Société nouvelle de Boissons ajoute le respect de sa responsabilité sociétale. En effet, quelques jours avant le lancement de son premier produit, cette société a offert un  forage autonome aux populations Adéticopé, localité qui abrite, son usine. En plus de l’eau potable, la SBN a fait don de plusieurs équipements essentiels dans le contexte de crise sanitaire. De quoi gagner rapidement la sympathie des populations et attirer de nouveaux consommateurs. 

Une entrée en fanfare sur le marché qui, semble-t-il, commence par déranger la Brasserie BB,  à telle enseigne qu’elle est obligée de sortir de son confort.

La Réplique de la BB Lomé… 

Présente au Togo depuis 1964, la Brasserie BB Lomé a été pendant plus de 50 ans le seul brasseur sur le marché. Avec une dizaine de marques de bières, autant de boissons gazeuses et des boissons maltées, cette société française n’avait aucun concurrent à sa taille.  Par conséquent, elle imposait ses prix laissant aussi le soin à ces grossistes et détaillants de faire de même.  Malgré les produits dont les qualités sont souvent remises en cause.

N’ayant aucune autre alternative, les consommateurs étaient obligés d’acheter les produits BB. Un marché juteux pour le brasseur français. A titre d’exemple, en 2013, elle a vendu plus d’un million d’hectolitre. De quoi lui permettre de dormir sur ses lauriers.

Mais la soudaine apparition de la SNB et surtout son succès immédiat, l’ont réveillée. En effet, depuis quelques semaines, la société semble se lancer dans une contre-offensive avec le recrutement de petits détaillants alors qu’avant ces petits bars étaient négligés. Bon nombre sont désormais décorés aux couleurs de la société avec des gadgets de service offerts. Une réplique à l’opération de décoration des bars à son effigie qu’avait aussi initiée la SNB.

En plus de cette opération, la BB Lomé contraint désormais les bars à pratiquer les vrais prix. Comme susmentionné pendant longtemps le soin était laissé aux propriétaires de ces débits de boissons de fixer leurs prix sans aucun contrôle. Pour les dissuader, des panneaux sont désormais placés à l’entrée des bars indiquant les vrais prix des boissons.

En outre, un programme des animations autour des produits dans plusieurs bars a été lancé depuis plusieurs semaines. Pour conserver sa main mise sur le marché, la BB Lomé semble livrer une bataille sur tous les fronts.

Un marché juteux…

Depuis quelques années, les deux usines (Lomé et Kara) de la brasserie BB Lomé produisent entre 100 000  et 1 000 000 d’hectolitre par an. Comme nous l’avons souligné plus haut, en 2013, la société a vendu plus d’un million d’hectolitre. Son monopole, lui a ainsi permis, de faire des chiffres d’affaires conséquents. Un marché qu’elle doit désormais partager avec la SNB. 

En définitive, cette guerre concurrentielle ne peut profiter qu’aux consommateurs longtemps obligés de se plier aux désidératas de la BB Lomé. Du prix à la qualité, les consommateurs ont désormais le choix. Vive la concurrence !

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