LA UNE POLITIQUE

Togo : Arrêter l’arbitraire contre les prisonniers politiques !

  1. ALILOU Seybou

Arbitrairement arrêté le 26 janvier 2020, il est décédé sans avoir été jugé ni condamné, en octobre 2020, dans sa cellule à la Prison civile de Lomé, des suites des tortures, traitements cruels, inhumains et dégradants qu’il a subis au Camp GIPN d’Agoè-Logopé où il avait été auparavant détenu, dans l’affaire « Tigre Révolution ».dition pour avoir vie sauve et pouvoir se soigner.

10-GOMA Abdoul-Aziz

Irlandais d’origine togolaise, né le 17 octobre 1970 (âgé de 50 ans actuellement), GOMA Abdoul-Aziz a été illégalement et arbitrairement arrêté dans la rue, sans mandat, alors qu’il circulait dans la ville de Lomé en compagnie d’amis, le 21 décembre 2018, au lendemain des élections législatives du 20 décembre 2018.

Arrêtés avec violence et sans qu’aucune question ne leur ait été posée, ils ont subi des traitements inhumains, cruels et dégradants lors de cette arrestation où ils ont été passés à tabac, en commençant par des gifles, des coups de matraque, des coups de pieds, de cordelettes, de bâtons et autres, sans oublier les coups de poing.

Après cela, ils ont été menottés puis embarqués dans leur voiture, jetés tous, les uns sur les autres, comme des objets et conduits sans ménagement jusqu’à la Direction du SCRIC de la Gendarmerie nationale à Agoè-Cacaveli.

Durant tout le trajet, les agents continuaient à leur faire subir des traitements inhumains, leur piétinant la tête, le cou, les bras et les mains déjà menottées pour leur infliger des douleurs.

Malgré leurs cris et hurlements, ils ont jugé bon de continuer à les tabasser et à les frapper pour les faire plus souffrir, les coups les atteignant dans tous les sens et partout sur le corps.

Plus grave, ils ont fait usage de leur fusil pour menacer de mort les interpellés et se servaient des mêmes fusils pour leur piler le corps, leur faisant croire qu’ils avaient vraiment comme intention de les exterminer

Mais, rien n’avait été dit jusque-là aux interpellés sur la raison de tous ces traitements inhumains et cruels qui se sont ainsi prolongés durant tout le trajet jusqu’à leur arrivée à la Direction du SCRIC qui était leur destination.

C’est seulement à l’arrivée dans l’enceinte du SCRIC, que les interpellés comprenaient enfin que c’étaient des agents de la gendarmerie qui les traitaient de cette façon alors qu’ils auraient pu se présenter à eux et leur demander de les suivre. Mais, ils avaient plutôt intentionnellement fait le choix de leur infliger des souffrances et tortures.

Dans l’enceinte du SCRIC, les interpellés avaient directement été menottés par derrière, menottes serrées jusqu’à l’os, contre la roue d’une voiture en stationnement sous les arbres pour les uns alors que d’autres avaient été attachés à des voitures, d’autres encore, allongés par terre. Puis, on les avait tous bien tabassés à nouveau, torturés jusqu’à faire couler le sang sous l’effet des bastonnades, coups de pieds, coups de matraques et de cordelettes qui leur laissaient des blessures saignant partout sur le corps avec des pieds et bras enflés.

Cette torture a duré jusque tard dans la nuit profonde pour les démoraliser, sans toujours rien leur dire sur la raison de leur arrestation et de tous ces mauvais traitements.

Jusqu’au petit matin, aucune question ne leur avait été posée et ils ne savaient toujours pas ce qu’on leur reprochait.

Vers 7H du matin, ils ont été démenottés des arbres et des voitures, et ont été jetés dans la poussière, menottés et ils restaient là, par terre, jusqu’à midi sous un soleil ardant avant d’être ramenés sous les arbres.

Ce n’est qu’après les avoir ainsi bien torturés qu’ils les ont interrogés et accusés d’avoir fait appel à des jeunes venus du GHANA pour des projets de déstabilisation.

Ce fut au cours de cet interrogatoire tardif qu’Abdoul-Aziz GOMA apprendra qu’il lui est reproché d’avoir aidé à prendre en charge des citoyens togolais proches du PNP venus du Ghana pour participer à une marche pacifique à Lomé, caractérisée par leurs geôliers comme un « projet de déstabilisation ». Abdoul-Aziz GOMA n’a jamais cessé de proclamer qu’il ne connaissait pas personnellement ces personnes et qu’il les avait aidées par souci humanitaire, en l’absence de l’hôte devant les accueillir.

Conduit à son domicile pour une perquisition aucun indice le révélant comme un malfaiteur n’y a été trouvé et sa voiture après avoir fait l’objet d’une perquisition, a été saisie et mise sous scellé. Tout comme  un conteneur de marchandises à vendre qu’il avait convoyé depuis Manchester en Angleterre et dans lequel rien de compromettant n’a été trouvé lors de la perquisition faite en sa présence au Port autonome de Lomé, le 3 janvier 2019.

Entretemps transférés à la Prison civile de Lomé, ils seront ramenés à la Gendarmerie nationale où ils n’ont cessé d’être régulièrement torturés tout en étant enfermés dans le noir et privés de voir le jour avec pour conséquence une dégradation de leur vue.

Actuellement gravement malade, GOMA Abdoul-Aziz est incapable de marcher correctement et ressent régulièrement des douleurs articulaires, des crampes continues aux membres inférieurs, une extrême sensibilité des pieds, de graves affections sensorielles à l’odorat, au toucher et à la vue ainsi que de déshydratation et d’émaciation.

Dans un dossier qu’il consacre à GOMA Abdoul-Aziz dans son N° 3434 de ce mercredi 28 juillet 2021, le journal Liberté donne des précisions sur les tortures qu’il a subies lors de sa détention comme suit :

« Parmi les sévices infligés et dont les séquelles se retrouvent chez Abdul Aziz Goma, il y a le « supplice de la Falanga ». Une technique de torture qui consiste à frapper la plante des pieds de la victime à l’aide d’une matraque, d’un câble ou d’une barre de fer. Une pratique extrêmement douloureuse qui laisse des séquelles permanentes.

Selon de nombreux rapports sur la torture, la majorité des victimes de torture soumises à la falanga se plaignent de douleurs et d’une altération de la marche. Le principal symptôme recensé est la douleur au niveau des pieds et des mollets. Il s’agit de « douleurs sourdes et intenses de crampes dans les pieds, qui s’intensifie en cas de port de poids et d’activité musculaire et qui remonte dans la partie inférieure des jambes, et d’une sensation de brûlure superficielle cuisante au niveau de la plante des pieds, souvent accompagnée de troubles sensoriels. Les pieds ont également fréquemment tendance à devenir tour à tour chauds et froids, suggérant une instabilité du système nerveux autonome. La plupart des victimes de falanga ont du mal à marcher à cause de la douleur. Leur rapidité de déplacement et la distance qu’elles peuvent parcourir sont réduites », apprend-on du Protocole d’Istanbul sur l’examen médical des victimes présumées de tortures. »

Et le même journal Liberté de rapporter dans cette même parution sur les graves conséquences qui en ont découlé pour la santé de ce détenu politique dans ces termes :

« Le 17 juin 2021, il a reçu les résultats d’un examen médical. Suivant le rapport médical de consultation établi, Abdul Aziz Goma a été admis à l’hôpital dans un état de semi-autonome. Il s’est fait consulter pour douleur et impotence fonctionnelle relative et paresthésies des membres inférieurs dans un contexte d’altération de l’état général du corps et de coups et blessures. Le détenu présente également des troubles génitosphinctériens.

Dans un langage profane, le détenu politique présente des risques d’impuissance. Il est aussi en train de perdre l’usage de ses membres inférieurs et si rien n’est fait, il va rejoindre le monde des handicapés moteurs. L’intéressé lui-même s’est confié sur les manifestations de ce malaise. D’abord il dit ressentir comme de la chaleur dans les membres inférieurs, décrivant une sensation de brûlure au niveau de la plante des pieds, des douleurs et une altération de la marche. « Les pieds tremblent tout seuls. Je porte les chaussures, mais je ne sens pas les pieds. Souvent, je rentre dans la cellule avec les chaussures alors que nous avons l’habitude de les laisser dehors. Donc je dois me rappeler chaque fois que j’ai porté des chaussures et les enlever avant de rentrer dans la cellule. Sinon, je rentre avec parce que je ne le sens même pas. Il n’y a pratiquement plus de sensation dans mes pieds», décrit-il.

Toujours dans le rapport de consultation, le médecin a noté un amaigrissement, l’impossibilité de se tenir debout sans appui, la douleur dans la marche et les petits pas, l’attitude scoliotique dextroconvexe, le syndrome rachidien dorsal été lombo-sacré, les syndromes de déshydratation et de dénutrition. Et le diagnostic est sans appel. « Sciatique bilatérale invalidante par discopathies dégénératives compressives lombaires étagées et hernie discale L4-L5 et anémie microcytaire hypochrome modérée », lit-on au niveau du chapitre diagnostic. Le médecin traitant a recommandé que le patient bénéficie « d’une consultation neurochirurgicale pour éliminer l’éventualité d’un traitement chirurgical et une kinésithérapie de réadaptation fonctionnelle ».

En butte à une procédure sans fin devant la justice togolaise qui les maintient en détention, bien qu’informée des tortures et autres traitements inhumains, cruels et dégradants subis en détention depuis plus de deux ans par GOMA Abdoul-Aziz et ses 15 coaccusés, celle-ci retient contre eux de rocambolesques inculpations de troubles aggravés à l’ordre public, destructions volontaires, groupement de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Lors de la 67e Session du Comité contre la torture de l’ONU tenue à Genève de juillet-Août 2019, leur cas avait déjà été discuté et le Comité avait fait au gouvernement togolais les recommandations suivantes :

  • la libération des16 personnes arbitrairement arrêtées entre les 19 et 21 décembre 2018 dans l’affaire Abdoul-Aziz GOMA ;
  • la poursuite des auteurs des actes de tortures et d’arrestations arbitraires dont ils ont été victimes ;
  • l’indemnisation de ces 16 personnes arrêtées arbitrairement;
  • la fermeture de la Prison civile de Lomé qui ne respecte pas les standards internationaux édictés par l’ONU pour les centres de détention.

Toutes ces recommandations sont restées lettre morte car sans suite jusqu’à ce jour.

Aujourd’hui, il n’y a pas l’ombre d’un doute : Abdoul-Aziz GOMA et ses 15 codétenus, arbitrairement et injustement arrêtés, détenus et sauvagement torturés, doivent être libérés immédiatement et sans con

11-ALLES ATTI

ALLES Atti, né le 18 juillet 1973, marié et père de 7enfants, a été arbitrairement arrêté à son domicile dans l’affaire GOMA Abdoul-Aziz, un dossier totalement vide d’éléments d’accusations probants, par des éléments de la Gendarmerie nationale et de son unité spéciale d’intervention : l’USIG, sans la présentation d’un mandat, dans la nuit du 21 décembre 2018, donc au lendemain-même des élections législatives du 20 décembre 2018.

Faisant preuve d’une violence inouïe lors de cette interpellation, la seule question qui lui a été posée par les gendarmes qui se sont introduits dans son domicile est celle-ci : « Où est Kabila ? » Sans même lui avoir laissé le temps de répondre, ils lui infligent une gifle et, après l’avoir encerclé à plus d’une dizaine d’agents, l’un d’entre eux, un Capitaine de l’USIG, lui vaporise directement de près, en plein visage, le jet d’une bouteille de gaz lacrymogène qui, lui faisant extrêmement mal, l’aveugle complètement. Ils profitent alors de sa détresse pour le jeter à terre, le tabasser, puis le menottent.

En réalité, ALLES Atti connaissait ce nommé Kabila mais sous le nom de Kabirou et après qu’il lui ait été décrit, il comprend qu’il s’agit de cet ami avec qui il était dans une cafeteria près de la station Shell à AGOE, en face de la banque UTB, où il est immédiatement conduit. Mais, à leur approche de l’endroit, son ami Kabirou qui les a vus venir de loin a disparu en un clin d’œil, comme s’il connaissait ceux qui se dirigeaient vers lui en sa compagnie. N’ayant donc pas pu se saisir de son ami, les agents s’attaquent alors à lui, le passent à tabac avant de l’enlever, l’embarquant en le jetant dans leur voiture et prennent la direction du SCRIC à Agoè-Cacaveli.

Arrivé là-bas, un calvaire qu’on peut difficilement raconter s’abat sur lui : dans les mains des éléments du SCRIC, il est si bestialement frappé que même un animal sauvage aurait été mieux traité.

Ce n’est seulement qu’au quatrième jour de sa détention au SCRIC que sa femme et ses enfants ont su qu’il a été enlevé par la gendarmerie lorsque, conduit à son domicile pour une perquisition, sa famille l’a furtivement revu, sans pouvoir le voir à nouveau depuis lors. Ce jour-là, sa fille benjamine courait pour l’embrasser quand un agent l’a si violemment repoussé en criant sur elle qu’elle est tombée. A la fouille de son domicile, ce n’est qu’un tricot du PNP et un foulard, trouvés dans son armoire, qu’on exhibe comme un corps de délit.

De retour au SCRIC, on lui fait signer, sous de vives menaces, certains documents sans lui permettre d’en lire le contenu.

Pendant 27 jours, on le trimbale tour à tour dans 5 cellules, sans visite ni soins médicaux, sans même lui permettre de se brosser les dents, ni lui donner un simple cure-dents pour son hygiène buccale, alors qu’il a eu à souffrir de paludisme et de maux d’yeux. Après que les 16 personnes qu’ils sont au total à être incarcérés dans l’Affaire GOMA Abdoul Aziz aient été arrêtés et détenus pendant les 27 jours au SCRIC à Agoè-Cacaveli, ils ont été transférés dans cette villa dans l’enceinte de l’ancienne direction de la Gendarmerie nationale où ils ont été cachés car constamment enfermés dans le noir.

Ensuite transférés à la Prison civile de Lomé pour un temps, ils sont à nouveau ramenés à la Gendarmerie nationale où ils sont au total 60 détenus politiques et 11 autres détenus pour d’autres affaires à être enfermés dans la villa-prison où ils étaient auparavant détenus.

Privé de soleil, toujours enfermé avec ses 15 autres codétenus dans cette villa sans avoir de contact avec la nature, ALLES Atti souffre actuellement de sérieux maux d’yeux, du bras droit et de la colonne vertébrale. Suite à une consultation qui lui a été faite au CHU-Tokoin il y a de cela 2 mois, on le déclare malade, souffrant d’hypertension artérielle pour laquelle lui ont été prescrites des analyses en cours de réalisation pour en déterminer la cause, la gravité et les traitements appropriés à prendre.

Sa fille benjamine sur laquelle le gendarme avait crié et jeté au sol lors de son arrestation-enlèvement à domicile est décédée de chagrin entretemps, après avoir réclamé en vain pendant des mois son papa qui n’a pas été autorisé à assister à son inhumation dans la terre togolaise qu’on ne peut que lui souhaiter légère…

ALLES Atti à qui il reste encore 6 enfants est toujours actuellement détenu dans la villa où sont incarcérés les prisonniers politiques au sein de l’ancienne direction générale de la Gendarmerie nationale togolaise, en face de la BIDC et de la BOAD, sur les ordres d’une « Justice » totalement instrumentalisée par le pouvoir togolais auquel elle est inféodée. Dans la perspective de la parodie de procès qui se prépare, lui ont été collés par cette « Justice » aux ordres, les 4 rocambolesques chefs d’accusation suivants : troubles aggravés à l’ordre public, destructions volontaires, groupement de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Parce qu’il a été sauvagement torturé et a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants tout au long de sa détention comme les 15 autres prisonniers politiques de l’Affaire GOMA Abdoul-Aziz, ALLES Atti doit être libéré immédiatement et sans condition comme le prescrivent le Code pénal togolais et les instruments internationaux ratifiés par l’Etat togolais.

12-KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril dit Djibo

Frigoriste de métier et vendeur de voitures au Port autonome de Lomé où il reçoit des cargaisons de marchandises à vendre que lui envoie son grand frère résidant en Belgique, KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril dit Djibo est l’un des tout premiers à avoir été arbitrairement arrêté dans l’affaire GOMA Abdoul-Aziz, le 19 décembre 2018.

Son arrestation fait suite à l’enlèvement en son absence de son ami, BANAWEI Bala surnommé « Général 19 août », dans sa chambre, alors qu’il l’attendait à son domicile pour l’accompagner au Port Autonome de Lomé où il devait aller réparer un de ses camions tombé en panne sous le Pont d’un quai.

Dans la matinée de ce mercredi 19 décembre, il était auparavant allé déposer sa femme au Marché d’Akodésséwa avant de revenir chercher son ami pour qu’ils se rendent ensemble au Port.

Alors qu’il était en route pour revenir chez lui, un ami de son quartier l’appelle pour l’informer d’une descente que des gendarmes du SCRIC venaient de faire à son domicile où, ne l’ayant pas vu, ils se sont saisis de son jeune ami qui l’attendait dans sa chambre.

Une fois arrivé à domicile, KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril trouve sa chambre dans un indescriptible état, entièrement saccagée, ses documents, matériels de travail et deux de ses ordinateurs portables emportés, avec la forte somme d’argent de 305 000F.

Ne se reprochant rien, la conscience tranquille, il juge alors bon de se présenter au SCRIC pour s’enquérir des raisons de leurs descente et perquisition à son domicile. Il était alors loin d’imaginer qu’allait ainsi commencer pour lui un calvaire qui le maintient en détention depuis maintenant plus 31 mois sans qu’il ait commis un quelconque délit et sans avoir été condamné à une quelconque peine jusqu’à ce jour.

Au SCRIC où il est introduit au commandant KABIYA, celui-ci lui apprend qu’ils se sont rendus à son domicile pour procéder à l’arrestation du surnommé « Général » car c’est là où ils avaient appris qu’il habite.

Pour prouver sa bonne foi que le surnommé « Général » n’a pas pour lieu d’habitation son domicile, KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril conduit alors les gendarmes à son vrai domicile à Agoè-Atchanvé. A leur retour au SCRIC, les gendarmes démenottent son ami, BANAWEI Bala, qu’ils soumettaient à un interrogatoire musclé depuis son arrestation à son domicile aux environs de 7H-8H du matin, menotté des deux mains dans le dos, au moyen de tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Ils le conduisent alors à son domicile, ensuite au garage où il travaille puis dans certains lieux de résidence de sa famille pour que, devant eux, il soit bien reconnu par ses parents, collègues et amis.

Au retour de ce transport, KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril et BANAWEI Bala sont détenus dans les locaux du SCRIC à Agoè-Cacaveli du 19 décembre 2018, jour de leur arrestation jusqu’au mercredi 9 janvier 2019 où ils sont nuitamment transférés, vers 21H, dans l’enceinte de l’ancienne direction de la Gendarmerie, en face de la BIDC et de la BOAD.

A leur arrivée en ce lieu, on les accueille par un rituel d’intimidation, les faisant assoir à même le sol, menottés, armes braqués sur eux en position de tir, sous l’ordre d’un Commandant qui met en scène un simulacre d’exécution sommaire. Terrorisé, les malheureux pensent leur dernière heure venue, invoquent leur Dieu qu’ils croient avoir été leur témoin et sauveur de tout ce qu’ils ont eu à subir dans les mains des éléments du SCRIC ce jour-là et depuis lors.

Après 23 jours de garde à vue, des membres de la famille de KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril, se rendent à la Gendarmerie pour le voir et s’assurer de ce qu’il y était détenu, bien gardé et vivant. Là, ils se voient réclamer l’exorbitante somme de 150 000F qu’ils ont dû verser dans les mains d’un commandant avant de se voir accorder le « privilège » de le voir juste pour un entretien de 5 minutes.

KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril est toujours actuellement détenu dans une villa de cette ancienne direction de la Gendarmerie où sont incarcérés des prisonniers politiques, sur les ordres d’une « Justice » totalement instrumentalisée par le pouvoir togolais auquel elle est inféodée. Dans la perspective de la parodie de procès qui se prépare, lui ont été collés les 4 rocambolesques chefs d’accusation suivants : troubles aggravés à l’ordre public, destructions volontaires, groupement de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, alors que son dossier est totalement vide de faits probants justifiant ces charges imaginaires.

Parce qu’il a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants tout au long de sa détention comme les 15 autres prisonniers politiques de l’Affaire GOMA Abdoul-Aziz, KONDOOUFIA TCHA-SAMA Djibril doit être libéré immédiatement et sans condition comme le prescrivent le Code pénal togolais et les instruments internationaux ratifiés par l’Etat togolais.

FRATERNITE