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Togo/ Lutte contre la piraterie Des senteurs de Bluff

Comme pour saisir la balle au bond, le pouvoir togolais pour contre balancer les clichés politiques négatifs qu’il a cumulé devant la tribune internationale,  il a fait de la lutte contre la piraterie sous toutes ses formes une priorité, avec un accent d’honneur sur celle maritime. Pour venter encore mieux son catalogue, l’Etat togolais a organisé à coût d’addition salée pour le contribuable, le sommet Lomé Ocean.  Et des actes pour appuyer la lancée du pouvoir de Lomé, il n’en manque point depuis ce «sommet trophée» tenu en Octobre 2016. Mais des actes, il y en a eu ces derniers temps qui prêtent à caution.

Le Togo a fait de la lutte contre la piraterie maritime, l’un de ses défis sécuritaires. En témoigne le Sommet extraordinaire de l’Union Africaine (Ua) sur la Sécurité Maritime et le Développement en Afrique organisé en octobre 2016 par le Togo. A l’issue de cinq jours de discussions à Lomé, les chefs d’État de l’Union africaine sont parvenus à la signature d’une charte sur la Sécurité Maritime, structurant désormais et de façon formelle, la lutte concertée qu’entendent mener les chefs d’Etat et de gouvernement contre le phénomène sur le continent.

Du pragmatisme….

Dans sa dynamique de leadership, le Togo ne baisse pas la garde, quand il s’agit d’accentuer les dispositifs pour sécuriser ses eaux. C’est dans cet esprit que la marine togolaise a annoncé déjouer, dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 mai, une attaque de pirates aux larges des côtes togolaises. D’après les explications du ministre de la Sécurité et de la protection civile, Yark Damehame, il s’agit du navire G-DONA 1 battant pavillon togolais que des pirates à bord d’une pirogue ont abordé et tenté de détourner de sa destination.

«La salle des opérations de la Marine ayant observé un mouvement anormal du navire en cause qui était en mouillage dans les eaux territoriales togolaises a interrogé sans succès le bateau sur les raisons de cet appareillage. Après plusieurs sommations et suite à une réaction non-concordante et en l’absence de confirmation de l’agence locale du navire, la salle a conclu qu’il s’agissait d’une attaque. Une équipe d’intervention à bord d’un défendeur et vedette rapide appuyé d’un patrouilleur dépêchés ont réussi après des tirs de sommation à arraisonner le navire», a indiqué le Gal Yark Damehame qui a ensuite rassuré que les sept (7) membres de l’équipage du navire (un Béninois, un Nigérian et cinq (5) Ghanéens) sont sains et saufs.

Par contre, le gouvernement annonce l’arrestation de huit (8) pirates dont six (6) sont de nationalité nigériane et deux (2), togolaise. Ces derniers, poursuit la source, ont été mis à la disposition de la Gendarmerie Maritime pour la suite de l’enquête avant d’être, par la suite, présentés au procureur de la République à Lomé.

Des senteurs de bleuff

Si la nouvelle semble à priori rassurante, au regard des méfaits dudit phénomène sur l’économie du pays, il n’en demeure pas moins vrai que certains détails tels qu’avancés laissent perplexes nombre d’observateurs et suscitent des interrogations plus que légitimes.

En effet, les premiers éléments de l’enquête révèlent que la pirogue ayant servi à cette attaque a été louée sur le territoire togolais. D’où justement toute l’énigme autour de cette opération qui paraît objectivement moins probable. Ceci, du fait qu’il est si curieux que des pirates professionnels à l’assaut d’un pétrolier puissent se servir d’une pirogue. Encore que les eaux territoriales togolaises ont la réputation d’être une zone fortement sécurisée et protégée où des centaines de navires en rade en la recherche de la Sécurité, viennent accoster. Prendre l’initiative d’une attaque pirate à bord d’une pirogue se veut l’option la plus improbable pour ces pirates, fussent-ils amateurs.

De là, l’on en vient à conclure que cette campagne a des senteurs de bluff, quand on sait que les pirates innovent de plus en plus en stratégie et en technologies pour leurs opérations. Avec la mobilisation  mondiale contre le phénomène et le terrorisme qui est pratiquement à nos portes, la stratégie des pirates du 13 Mai dernier fait plus que marrer. Une raison plus que suffisante attestant l’argument de certains observateurs qui y voient plutôt, une bonne campagne tant stratégique que communicationnelle pour s’attirer les regards du monde pour ainsi se couvrir des micmacs politiques du pouvoir togolais tant décriés à l’interne.  Et en passant obtenir quelques fonds internationaux dédiés à la lutte contre la piraterie maritime.

FRATERNITE

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