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Un marché de 214 milliards F CFA à EBOMAF: Quid de la politique de consommation locale?

Le mercredi 17 juin dernier, l’Etat togolais a procédé au lancement des travaux de réhabilitation de la Nationale N*5, en l’occurrence la route Lomé-Kpalimé longue de 120 Km. Des travaux dont l’exécution est confiée à EBOMAF, l’entreprise burkinabé spécialisée dans les travaux publics. Si la nouvelle, en soit, est bonne, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle fait également ressurgir, des questions d’intérêt national.

EBOMAF aux anges

214 milliards de CFA, c’est le coût total du nouveau marché de réhabilitation de la route Lomé-Kpalimé raflé par EBOMAF. Un marché de plus au Togo pour cette entreprise burkinabé «Bounkoungou Mahamadou et Fils».

Ce marché cumulé, tel que décliné, concerne la réalisation d’infrastructures routières et de drainage des eaux dans le sud du pays. De façon détaillée, le premier volet du marché porte sur la modernisation de la route Lomé-Kpalimé, l’aménagement des bassins de rétention d’eau de Todman, de Ségbé et d’Adidogomé. Ceci, pour un montant estimé à 195 milliards FCFA. Pendant que le second volet, d’une valeur de 19 milliards FCFA, porte sur l’aménagement des voiries et réseaux divers (VRD) de la ville de Kpalimé.

Encore un marché de plus… Et des interrogations

C’est donc une évidence que la multiplication des marchés raflés au Togo, depuis quelques années déjà, par le géant burkinabé des BTP témoigne visiblement de la confiance sans cesse en lui placée par les autorités. Toutefois, cela ne saurait occulter des analyses critiques sur ce choix.

En effet, cela fait plusieurs années déjà que EBOMAF exécute des marchés au Togo, aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays. À côté des satisfactions, les togolais n’ont également pas perdu de vue, la qualité quelque peu décriée de tronçon carrefour Bodjona -hôtel Concorde à Adidoadin dont tous les usagers s’accordent sur la mauvaise qualité du travail d’affaissement et de drainage des eaux de pluie.

Aussi, c’est une évidence que EBOMAF s’est déjà montré coupable d’une mauvaise exécution des travaux de la route Tandjouaré- Kanté abandonnés, sans raisons valables depuis près de deux ans. Et d’autres exemples sont encore palpables.

Au regard des cas sus évoqués, c’est légitime  que les togolais se demandent, sans préjugés aucun mais par souci de transparence et d’objectivité, ce qui amène les autorités togolaises à avoir autant d’administration pour EBOMAF.

Loin de paraître alarmistes, cette question mérite tant de réflexions en vue d’expliquer et rassurer les citoyens des motivations  objectives de ladite préférence dont le contribuable paiera l’ardoise.

Quid de la consommation locale?

Par ailleurs, accorder un si gros marché cumulé à une seule entreprise, non seulement étrangère, mais aussi et surtout qui est loin de la perfection paraît du mépris vis-à-vis des entreprises locales qui ne déméritent pas dans le domaine du Btp. Si le cas de Ceco, rendue tétraplégique par le bon vouloir de certains décideurs, est connue de tous, cela n’exclut pas que d’autres qui font un travail exceptionnel à l’image de Midnihgt Sun Group, pour ne citer que cet exemple, dont les réussites ne sont plus à démontrer.

Au-delà du sentiment du mépris que cela suscite, cette situation remet également en cause la politique nationale de la consommation locale, l’un des nouveaux fers de lance, nous a-t-on dit de l’action gouvernementale.

Par cette analyse, nous avons voulu attirer l’attention des décideurs sur la nécessité, par devoir et orgueil patriotiques, de donner une place et chance aux entreprises locales de pouvoir faire valoir leur expertise. Surtout celles qui excellent déjà merveilleusement bien. Ce faisant, elles participent ainsi à la construction du pays, puis ont une chance d’exprimer leur amour pour la Nation, en réponse à l’appel citoyen «Togolais viens, bâtissons la cité!» que véhicule l’hymne national, «Terre de nos Aïeux». Encore que ce paysage des entreprises BTP au Togo est jusque-là tenu par des opérateurs assimilables aux «Hommes de la Maison».

Dès lors, l’on ne comprend pas  cette hésitation apparente de l’Etat à leur faire pleine confiance, si ce n’est peut-être que ces derniers paraissent plus disants dans les marchés arrière boutique. Comprendra qui pourra !

FRATERNITE