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Une rue dénommée « Avenue RPT » Veut-on vraiment la réconciliation au Togo ?

« Georges » un prénom attribué, 34 ans est un togolais de l’extérieur. « De 2013 à 2019 cela fait trois fois  que je reviens au pays et je vois ce panneau qui hante mon esprit à chaque fois que je le croise. Je me demande quand on nous parle de réconciliation, la volonté y est vraiment ?  » nous a-t-il confié. Ce panneau estampillé Avenue du Rpt trône depuis des lustres sur le tronçon qui même du rond point Casablanca à Attikoumé.

«  Le gouvernement a déjà procédé à la redénomination de certaines rues et places du pays, à la suppression récente de la célébration de la fête du 13 Janvier…. », lit-on dans l’introduction du livre blanc publié en appui de ses 68 recommandations par la Commission Vérité Justice et Réconciliation (cvjr). Si le second bout de cette déclaration de la Commission Barigah est vrai, l’écriteau «Avenue du Rpt» laissé royalement au vue et au su de tout le monde montre suffisamment qu’au-delà des paroles le chantier de la réconciliation «vraie» au Togo reste aussi profond que l’océan. A l’image de cette sagesse hébreux qui affirme que le cœur de l’homme est aussi profond que l’océan, nous dirons que l’esprit des dignitaires et autres héritiers de fait de l’ordre ancien au Togo est cyniquement plus profond que les simples déclarations et scènes de sourires qu’on offre aux togolais depuis 2010 avec le processus entamé et étalé à partir de la Cvjr.

Les viles brimades pour tout soulèvement politique, l’interdiction formalisée de toute manifestation, les réflexes claniques dans les recrutements et nominations à tous les niveaux, le culte du raisonnement robot et unidirectionnel avec un ironique plaisir du nivellement vers le bas montrent suffisamment depuis 15 ans que qu’aucune chirurgie de fond n’a été opérée depuis le 05 février 2005 ( date du décès du dictateur Eyadema), sinon qu’elle n’a été qu’à la limite plastique. Et l’écriteau Avenue du Rpt » laissé là en plein centre-ville depuis bientôt une décennie malgré les travaux et préceptes de la Cvjr vient confirmer que rien n’a changé dans les esprits. Et c’est là qu’il revient à chaque togolais de se demander le type de société qu’il a eu et qu’il construit tous les jours de par ses actes, ses mots, sa pensée ou même par son silence. 

Le résultat aujourd’hui c’est l’ami « Georges » togolais de l’extérieur, qui rien que pour avoir croisé cet écriteau bleu au rond point Cap Esso du quartier cassablanca  a vu réveiller ce film fantôme où  lui et ses parents ont dû fuir nuitamment Lomé en 1993 juste parce que Papa ne plaisait pas au régime du parti unique d’alors comme on le voudrait.

Si on a redénommé certaines rues et places comme le dis la cvjr pourquoi aisse-t-on en vitrine les écumes de l’ex parti unique. Au fronton du palais des Congrès de Kara, c’est le comble. Qu’on soit nostalgique de ce que certains caciques considèrent jalousement comme leur totem, ne pose aucun problème si seulement on imposait pas les vestiges de ce totem au regard public. Qu’à cela ne tienne, les plaintes qu’à eu à enregistrer la Cvjr pendant 3 ans l’ont été soit au nom ou en réponse aux abus de l’ex parti-état.

Pour autant, malgré le fameux « plus jamais ça au Togo » prononcé par le Chef de l’Etat sous les 7 collines d’Atakpame en 2006, les habitudes et réflexes réfractaires à la critique et au partage n’ont point changé.  Et cela fait déjà 13 ans qu’on abreuve les togolais d’une volonté factice de les mettre vraiment ensemble. C’est à se demander si le Chef du Palais de Lomé 2 a vraiment les tripes pour exorciser ces esprits retors ou si juste il ne veut pas s’y mettre sérieusement.

Contacté sue le cas Avenue Rpt, un dignitaire de l’ancien ordre nous a répondu ironiquement que c’est juste un oubli. Et bien que ce grand oubli et d’autres que la presse n’a pas encore dénoncés soient réparés dès maintenant pour que les Togolais puissent avancer ensemble vers un futur plus inclusif.

FRATERNITE

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