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Violation des principes du dialogue inter-togolais : Le Groupe des 5 rappelle pouvoir et opposition à l’ordre

Le Dialogue inter-togolais est bloqué depuis plusieurs semaines. Pendant que la médiation ghanéenne se casse la tête pour ramener les protagonistes de la crise à la table des négociations, les deux camps se permettent de violer le règlement intérieur régissant le dialogue. Ce qui n’est pas du goût des représentations diplomatiques occidentales accréditées au Togo.

Depuis la suspension du dialogue pour divergences de vue sur la question de la candidature ou non de l’actuel président de la République au pouvoir depuis 2005, les deux camps ont trouvé les moyens pour violer réciproquement les principes du dialogue auquel eux-mêmes avaient préalablement souscrit. En effet, les médiateurs ont demandé aux acteurs politiques de mettre fin aux manifestations publiques jusqu’à la tenue et pendant le déroulement du dialogue. Mais aussi que le gouvernement poursuive les mesures d’apaisement et implicitement n’engage aucun processus pouvant retarder l’avancement des travaux.

Mais le constat est que le pouvoir, non seulement a arrêté  des mesures d’apaisement mais aussi, est passé à la nomination des présidents des Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). En réplique, l’opposition qui s’insurge contre ces décisions a appellé, elle aussi,  ses partisans à battre le pavé. En somme, des violations du règlement intérieur du dialogue.

Et ces derniers actes qui n’augurent rien de bon n’ont pas plu au Groupe des 5 qui réunit la Délégation de l’Union Européenne, la Coordination du Système des Nations Unies, et les Ambassades d’Allemagne, de France, et des Etats-Unis d’Amérique au Togo. Dans un communiqué en date du 19 mars 2018, ces représentations diplomatiques ont astucieusement demandé aux deux parties de revenir à de meilleurs sentiments. « La coordination du Système des Nations Unies, la délégation de l’Union européenne et les ambassades d’Allemagne, des États-Unis d’Amérique et de France appellent les parties : à respecter les engagements pris dans le cadre de la préparation et du déroulement des premières séances du dialogue inter-togolais qui a débuté le 19 février », stipule le communiqué avant d’inviter les uns et les autres « à dépasser les positions de principe et à s’engager  sans délai, dans l’intérêt de tous les Togolais, dans une discussion de fond sur les questions constitutionnelles et électorales, afin de parvenir à un accord sur les réformes dans le respect de l’État de droit et des dispositions légales et constitutionnelles en vigueur et à  parvenir à un accord sur un cadre démocratique rénové et consensuel, afin que les électeurs  togolais puissent exprimer un choix dans des élections libres et transparentes».

Pour rappel, en février dernier à quelques jours de l’ouverture du dialogue, le Groupe des 5 a demandé  aux «  acteurs politiques togolais à travailler de bonne foi pour aboutir à un consensus sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles, ainsi qu’à se mobiliser ensemble pour les mettre en œuvre ».

Le dernier communiqué conjoint de la Coordination du Système des Nations Unies, la délégation de l’Union européenne et les ambassades d’Allemagne, des États-Unis d’Amérique et de France se présentent comme un énième rappel à l’ordre aux deux camps pour sortir le pays de la crise sociopolitique qu’elle traverse depuis quelques mois.

K.M.

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