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Visite de Faure à l’Elysée : Quelle sera la facture pour le contribuable togolais ?

En visite en France la semaine dernière, Faure Gnassingbé s’est entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron notamment sur la relation bilatérale entre les deux pays. Mais il s’est révélé finalement que le thème central de cette visite tant rêvée par le Président togolais sont ailleurs. 

C’est une rencontre que le régime togolais attendait depuis plusieurs mois. Annoncé à plusieurs reprises en France, Faure Gnassingbé n’a jamais eu l’opportunité de franchir le perron de l’Élysée pour échanger avec Emmanuel Macron dans un cadre officiel. C’est donc avec un enthousiasme difficilement voilé que le Chef de l’Etat togolais a posé sur le perron de l’Elysée aux côtés du maître des lieux.

Au tour d’un déjeuner de travail, les discussions entre les deux chefs d’Etat ont porté sur le renforcement du partenariat entre le Togo et la France. Mais pas que ça. En effet, selon plusieurs spécialistes de la sécurité, les vraies raisons de cette visite sont sous-entendues.

Une visite au nom de la lutte antiterrorisme…

Selon Jean-Christophe Bas, président de Global Compass, un organisme de conseil en stratégie et développement international basé en France, Faure Gnassingbé ne doit sa visite en France qu’à la lutte antiterroriste. « Le Président Faure Gnassingbé a montré sa détermination pour endiguer cette vague de terrorisme-dans la région ouest-africaine-qui est aussi un sujet de préoccupation majeure pour la France. Je pense justement que c’est un élément qui a bien pu favoriser cette visite de travail », a expliqué Jean-Christophe Bas au site Sputniknews.

 Autre raison qui intéresse la France, selon Jean-Christophe Bas, c’est que sur le plan national, les autorités togolaises sont pleinement engagées dans la lutte contre la menace terroriste en déployant dans le sud comme dans le nord du pays « des bataillons militaires qui veillent sur l’intégrité du pays » sous le contrôle, dit-il, d’un général français.

Le Président togolais fait aujourd’hui de la lutte antiterrorisme une priorité. Depuis 2018, les autorités togolaises ont mis en place l’opération Koundjoaré, un dispositif qui sert de bouclier anti-terroriste entre le Togo et les pays du sahel en proie à l’insécurité. « Tout cela mis ensemble, avec un budget militaire assez renforcé, fait que le Président Faure Gnassingbé apparaît aujourd’hui comme un des hommes incontournables de la région ouest-africaine dont la France a besoin dans la poursuite de sa lutte contre le terrorisme », a ajouté le président de Global Compass.

Un engagement couteux…

« Concernant la situation régionale et la violence dans la région du Sahel, j’ai exprimé au président Macron mon engagement total pour contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité dans toute la sous- région », a déclaré M. Gnassingbé dans un communiqué de la présidence togolaise.

Et cet engagement va couter cher au Togo. En effet, en janvier dernier, le Togo a adopté sa première loi de programmation militaire, va consacrer 722 milliards de F CFA au renforcement des équipements de ses forces armées. Selon les informations du confrère Jeune Afrique Faure Gnassingbé, prévoit d’augmenter les effectifs des Forces armées togolaises (FAT), de 17 773 hommes actuellement, à 22 020 en 2025. « L’armée de terre, qui comptera 11 400 hommes dans ses rangs en 2025, bénéficiera en sus de ses équipements actuels de 15 chars de combat légers, 25 véhicules blindés de transport des troupes, 127 véhicules tactiques légers, 7 porte-engins, 4 véhicules légers de commandement, 19 véhicules légers de reconnaissance et de liaison, 20 embarquements motorisés et 59 véhicules de transport logistique. Ses trois bataillons d’intervention rapide auront par ailleurs une nouvelle caserne », explique le confrère.

Nul doute que la majorité que cet arsenal sera acquis chez les fabricants d’armes de l’hexagone. Mais quelle sera la facture définitive de cet engagement pour le contribuable togolais ?  Difficile de l’estimer. Mais l’évidence est que les togolais, déjà saignés, seront obligés de payer la facture de l’engagement de leur numéro 1. Et vraisemblablement, avec la hausse ces derniers temps des tarifs aux péages et l’instauration de nouvelles taxes, il se peut même que nos concitoyens ont même déjà commencé par régler l’addiction d’un engagement dont ils ne connaissent ni les tenants ni les aboutissants.

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