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Zèle et aliénation Ihou Wateba…ABAWE !

Nommé ministre au sein du Gouvernement Dogbé, Prof Majesté Wateba Ihou est, depuis lors, bien méconnaissable. La curiose métamorphose de cet universitaire sur fond de zèle s’est encore révélée, cette semaine, par une de ses sorties à l’aveuglette.
La métamorphose d’un intellectuel

Tout semble dire que l’homme, malgré son intellect, n’a jamais rêvé occuper dans sa vie un portefeuille ministériel au Togo. Un scepticisme sur fond de résignation qui peut bien s’expliquer par la fermeture et l’hostilité du régime cinquantenaire du père au fils à toute voix discordante. Et l’ancien Doyen de la Faculté des Sciences à l’Université de Lomé, membre du Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot), organisation membre du Front citoyen Togo debout (Fctd) l’a été pour son combat contre la mal gouvernance, l’impunité et le clientélisme. Le portrait robot du régime Gnassingbé qu’il ne ménageait guère de critiques. Ce qui lui avait d’ailleurs valu, courant premier trimestre 2018, des persécutions sur fonds d’humiliation. Ceci, dans une affaire de trafic de note qui l’impliquait et qui avait malheureusement conduit à garde-à-vue qui aura duré 72 heures.

Mais depuis octobre 2020, c’est un nouveau Ihou Wateba que l’on observe, au travers de ses multiples sorties fracassantes qui étonnent et suscitent débat.

Wateba… ABAWE !

Reçu en début de semaine sur une radio privée de la place, le ministre de l’Enseignement supérieur, se prononçant sur la polémique née de l’intervention du Premier ministre, Victoire Dogbé à l’Assemblée nationale, sur la campagne de vaccination au Togo, n’est pas allé du dos de la cuillère pour défendre sa patronne.

«Mme Vctoire DOGBE est d’une intélligence inégalable», a-t-il indiqué, à l’entame. Plus loin, ce médecin spécialiste de pneumologie a laissé entendre que «quand Mme la 1ère ministre a fini de faire son allocution au parlement, j’ai eu l’impression que j’ai pas été à l’école». Pathétique comme propos si laudateurs, venant surtout d’un Professeur de son état. Et comme cela ne suffisait pas, il poursuit en indiquant que «le Ministre des Affaires étrangères est à féliciter, car il est entre deux avions juste pour négocier les vaccins».

Cette sortie à la limite hasardeuse n’est donc qu’un épisode du long feuilleton de zèle dont gratifie les Togolais, le ministre depuis sa nomination au gouvernement. Ce dernier, se complaît, sans vergogne, dans du bruit pour attirer l’attention des gens. Peut-être pour exister. Mais le pire, c’est que ce médecin donne même l’impression d’avoir oublié d’où il vient, allusion faite à son tumultueux passé récent avec le pouvoir de Lomé qui a failli l’étreindre, en réalité du fait de ses convictions syndicales.

On se rappelle également de l’une de ses sorties empreintes d’arrogance, de dedain et de mépris, d’une part envers ses collègues médecins, lorsque ces derniers, en charge des malades de Covid au centre hospitalier régional (Chr) Lomé-Commune, avaient senti le besoin de manifester leur mécontentement et exiger de meilleurs traitements. Quelques jours après, le même ministre, avec sa double casquette de Médecin-chef du personnel de médecins ayant en charge le traitement de la COVID au Togo déclarait vulgairement, sur les antennes de la Tvt, que si un patient Covidé arrive au Chr Lomé-Commune sans se faire vacciner au préalable, il prendra en charge la totalité du coût du traitement.

Un ministre est un serviteur

Aujourd’hui, au regard de tous ces cas précités, cela sonne quand même bien drôle que parce que simplement jouissant des délices du pouvoir, cet intellectuel se laisse facilement aller à des dérives langagières. Ceci, au point même de se ridiculiser à la fin, parce que victime d’une aliénation sans pareille.

Ihou Wateba, au carrefour du zèle, du m’as-tu-vu et de l’aliénation, est appelé à aller à l’école de la vie. Il doit savoir qu’on n’est pas ministre éternellement. Et qu’un ministre est avant tout, un métayer, sinon un serviteur du peuple. À ce titre, il doit éviter de se faire passer pour le plus important, plus que le peuple.

FRATERNITE